Journée Internationale pour l’Elimination des Violences à l’égard des Femmes

MANIFESTATION le 25 novembre 2015

départ à 19h place chauderon, Lausanne.

 

LES VIOLENCES CONTRE LES FEMMES NOUS CONCERNENT TOUTES ET TOUS, IL EST TEMPS DE REAGIR !

Avec la batucada BATUC’IRA: « Battra bien qui battra la dernière! »

IlluBatucIraCliquer ici ou sur l’image pour télécharger le tract!

 

LES CHIFFRES SUR LA VIOLENCE SONT ACCABLANTS !

En Europe, un tiers des femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans ; presque la moitié des femmes subissent des violences psychologiques dans le couple et toutes ont déjà vécu du harcèlement sexuel*.

On en a marre qu’en Suisse :

-     Toutes les deux semaines, l’une d’entre nous meurt suite à des violences sexistes,

-     Une femme sur cinq subit des actes de violence physique ou sexuelle de la part de son partenaire au cours de sa vie.

En 2014, 76% des victimes des violences dans le couple étaient des femmes, alors que 80% des accusés étaient des hommes**. Pourtant, on continue de nous présenter les chiffres des violences comme si hommes et femmes étaient victimes et agresseurs au même titre.

NON !

Ce mensonge masculiniste a pour objectif d’occulter le fait que nous sommes face à un problème de violences contre les femmes et non l’inverse.

La plupart des violences restent impunies car seuls un cinquième des cas sont dénoncées à la police et les taux de condamnations restent dérisoires. Les femmes qui osent porter plainte sont, encore aujourd’hui, confrontées à beaucoup de préjugés sexistes, à la culpabilisation et l’incrédulité des autorités***.

 

LES VIOLENCES SEXISTES, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Les féminicides, les meurtres des femmes parce qu’elles sont des femmes, représentent la pointe de l’iceberg des multiples violences masculines qui détruisent notre quotidien :

Harcèlement sexuel au travail et dans la rue, publicités sexistes, culture du viol, insultes et blagues sexistes, misogynie, agressions physiques, violences conjugales, viols, pornographie mainstream, exploitation sexuelle, traite des femmes, esclavagisme sexuel, maltraitances gynécologiques, violences lesbophobes et transphobes, violences contre les personnes de genre non binaire, mutilations génitales féminines, violences économiques, etc.

Il ne s’agit pas de problèmes isolés et indépendants les uns des autres. Les violences sexistes sont la conséquence du système patriarcal dans lequel nous vivons et servent à le maintenir et le perpétuer.

La violence envers les femmes est une grave violation des droits humains qui empêche le « vivre ensemble » attendu d’une démocratie.

Certes, les lois et les politiques publiques ont évolué. Mais il reste beaucoup à faire. En Suisse, les lois contre les violences sont très récentes, elles sont souvent cantonales et peinent encore à être appliqués. Ce n’est qu’en 1992 que le viol conjugal est reconnu ! Qu’à partir de 1996 que le harcèlement sexuel est interdit ! Au-delà de ce retard, la plupart des victimes n’obtiennent ni justice ni réparation. En ce moment même, des femmes migrantes sans-papier risquent d’être expulsées si elles portent plainte pour les violences subies !

Enfin, le traitement médiatique est complètement inadéquat, basé sur le sensationnalisme. Pourquoi les médias suisses continuent-ils de parler de crimes passionnels quand il s’agit de féminicides ? Le discours sur l’amour ou la passion masque le contrôle et la domination qui s’exercent dans les couples.

 

NOS REVENDICATIONS

Parce que les violences sexistes nous touchent toutes, ici et ailleurs, nous sommes en lutte car nous voulons :

  • Que les violences sexistes soient reconnues comme des violences spécifiques ;
  • Une nouvelle enquête sur les violences envers les femmes en Suisse qui permettrait de mieux connaître l’ampleur du problème ;
  • Que les médias remettent en question leur traitement éditorial des violences sexistes ;
  • Que les violences faites aux femmes deviennent une réelle priorité politique, avec :
    • des subventions pérennes aux associations de prise en charge,
    • l’obligation aux agent.e.s de l’État (personnel soignant, enseignant·e·s, policier·e·s, personnel administratif etc.) d’être formé.e.s sur la dynamique des violences masculines contre les femmes,
    • des mesures intégrales de prévention, détection précoce et sensibilisation aux violences contre les femmes,
    • la mise en place de mesures incitatives pour que le secteur privé prenne également en charge la question du harcèlement sexuel, mais aussi des violences sexuelles et conjugales.
    • la garantie des droits pour toutes les femmes, en particulier ceux des femmes sans-papiers qui subissent la double peine : violences institutionnelles et violences sexistes.

NOUS EXIGEONS UNE VIE LIBRE POUR LES FEMMES, SANS VIOLENCES SEXISTES !

Collectif Féministe du 25 novembre

* Selon l’Enquête de l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne (2014).

** Selon l’Officine Fédérale de la Statistique, La violence domestique en chiffres au niveau national (août 2015).

*** « Responsables de leur agression ? » Le Courrier, 06.02.2015